Avenue des géants, Marc Dugain

Publié le par Isa

 

Avenue des géants

 

En résumé:

Al Kenner serait un adolescent ordinaire s'il ne mesurait pas près de 2,20 mètres et si son QI n'était pas supérieur à celui d'Einstein. Sa vie bascule par hasard le jour de l'assassinat de John Fitzgerald Kennedy. Plus jamais il ne sera le même. Désormais, il entre en lutte contre ses mauvaises pensées. Observateur intransigeant d'une époque qui lui échappe, il mène seul un combat désespéré contre le mal qui l'habite. Inspiré d'un personnage réel, Avenue des Géants, récit du cheminement intérieur d'un tueur hors du commun, est aussi un hymne à la route, aux grands espaces, aux mouvements hippies, dans cette société américaine des années 60 en plein bouleversement, où le pacifisme s'illusionne dans les décombres de la guerre du Vietnam.

 

Mot de l'éditeur:

Inspiré d’une histoire vraie qui s’est déroulée entre le milieu des années 60 et la fin des années 70, Avenue des géants raconte le terrible destin de Edmund Kemper –ici appelé Al Kenner – tueur en série qui défraya la chronique aux États-Unis. Kenner connaît une enfance particulièrement difficile. Enfant de parents divorcés, il est confié à la garde de sa mère – une femme caractérielle, dominatrice, impulsive, maltraitante. À l’adolescence, il est envoyé chez ses grands-parents paternels, qui habitent une ferme en Californie. Il subit alors la tyrannie de sa grand-mère, copie conforme de sa mère… en pire. Un jour, alors qu’il rentre d’une partie de chasse, Al abat froidement ses grands-parents. Aux policiers, il explique : « Je voulais juste voir ce que ça ferait de tuer grand-maman ». Bien qu’âgé de 16 ans, il est interné dans un hôpital psychiatrique pour adultes. Libéré à l’âge de 21 ans sur décision favorable des psychiatres, ce jeune homme – devenu un géant de 2,10 m – réussit à tenir ses démons en cage pour un moment. Il obtient un poste dans la Division des Autoroutes californiennes et prend un appartement à Alameda, près de Santa Cruz. Al s’est toujours senti abandonné. C’est un être cassé, humilié, rejeté depuis sa plus tendre enfance. Quand son rêve de devenir policier s'écroule à cause de sa taille et de son poids, son sentiment d’injustice est à son paroxysme. Il doit se venger. Tuer. Violer. Démembrer. C’est avec une minutie effrayante qu’il prépare ses meurtres. Il va assassiner six jeunes auto-stoppeuses, toutes étudiantes à l’Université du comté de Santa Cruz. Il dépèce les victimes à la fois « par curiosité » et pour que les corps soient plus difficiles à identifier. Il possède un stock de Polaroïds des cadavres, qu'il regarde souvent en fantasmant ; quand il ne ramène pas carrément leurs têtes en guise de trophées. Kenner sombre alors dans une forme grave de schizophrénie : le tueur sanguinaire semble complètement inséré dans la société, et passe même de long moment avec ses amis policiers qui lui racontent les difficultés de leur enquête sur le tueur en série qui sévit dans la région ! C’est après le meurtre de sa mère, en 1973, qu’il se livre à la police après trente heures de conduite sur les routes du Colorado. Au psychiatre, Kenner déclare : « Je voulais faire du mal à ma mère ». Il touche alors du doigt la clé du problème. Il élimine des femmes qu'il associe à sa mère : celle-ci travaillait à l'université, il choisit donc des étudiantes. Jugé responsable de 8 meurtres, Kenner est condamné à la prison à perpétuité. Dans ce roman puissant et captivant Marc Dugain s’applique à décrire la figure du mal quand elle s’incarne dans un tueur en série. Il conjugue ici sa passion pour les États-Unis avec son intérêt toujours vif pour les personnages décalés, marginaux, voire fous, mais qui permettent de saisir l’humanité dans ses contradictions et ses excès.

 

Ca fait froid dans le dos:

"Juste un fait sans importance.Les têtes des filles, je les poser sur l'oreiller à côté de moi. Je me couchais à mon tour et je remontais le drap jusqu'au menton. On regardait la télévision comme ça. Et puis je m'endormais jusqu'à très tard le lendemain. Je n'ai jamais connu une telle quiétude dans mon extistence..."

 

 

Publié dans Lectures

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